Le grand retour de la perle de Tahiti

Les perles nacrées ont toujours ornées les cous des élites à travers le monde. Rares et précieuses, elles gardent en elles cette beauté froide et majestueuse, chère à Coco Channel et aux femmes libérées des années 1920. Désormais démocratisée, la perle de Tahiti continue à envouter par leur raffinement et leur éclat. Finie l’image bourgeoise, et bienvenue au look branché chic, un brin décalé. Béatrice Brothier, gemmologue de talent, a fait de cette perle de Tahiti sa passion. Depuis plus de 10 ans, elle sillonne les archipels de Polynésie à la recherche des plus belles perles et d’inspiration pour ses créations que vous retrouverez sur son site Poemotu. Ce petit ilot paradisiaque vous fait découvrir plus de 300 nuances, du blanc pur au noir brillant, en passant par le vert peacock et le bleu lagon (les plus rares). S’adaptant à tous les budgets, chaque bijou vient avec son propre certificat d’authenticité, pour une traçabilité garantie. N’hésitez pas à la questionner : Béatrice est une passionnée qui aime transmettre ses connaissances de la perle, sur le site ou sur rendez-vous. Un état d’esprit de partage et de simplicité que ne renieraient pas les Polynésiens.

Perles de Tahiti, Béatrice Brothier

Nacrier, artiste de la nacre

La Nacre Pinctada Margaritifera variété Cumingui utilisée pour la culture de la Perle de TAHITI a toujours orné les parures de bijoux en Polynésie, souvent offertes aux hôtes de haut rang des îles. L'origine du mot Nacre est Persane, Nakkar, signifiant beau et chatoyant et en effet ses reflets multiples de couleurs brillantes et variées en font un des plus beaux ornements naturels. La gravure de la Nacre est un art très délicat demandant une habilité sans égal alliée à une imagination créative certaine. Depuis quelques années le Centre des Métiers d'Art de Papeete forme de jeunes talents à la gravure sur Nacre, à destination de bijoux ou ornements décoratifs tels des lampes ou décoration murale. On dénombre aujourd'hui une centaine de nacriers en Polynésie Française.

Béatrice Brothier, gemmologue passionnée

N'hésitez pas à partager cet article! Le partage des connaissances est la plus grande richesse qui réunit les hommes.

BIJOU, une origine étymologique bien surprenante!

BAGUE JONC PERLE DE TAHITI

Venant du mot bijouterie, désignant l'ensemble d'objets précieux servant de parure, le mot bijou est en général considéré comme emprunté au breton bizou, anneau pour le doigt, surprenant! Dérivé de biz (doigt), mot celtique correspondant au cymrique byzon, au cornique bizou. P Guiraud, linguiste français, contestant cette étymologie celtique, propose de dérivé de biseler, tailler en biseau à partir d'une variante bisoler justifiée selon lui par le provençal bisolo pointe en biseau. Il explique la forme bijou comme une forme dialectale, peut-être wallonne comme on a bijet, briger pour biser, briser. Cependant la première attestation, dans le glossaire de Gay, est bretonne, ce qui compromet sérieusement la seconde hypothèse.

Au sens de petit objet ouvragé, précieux , servant de parure, correspondent des extensions spéciales et figurées : le mot se dit d'une chose, d'une construction remarquable par sa beauté ouvragée (1690) ou désigne une personne aimable et gracieuse et s'emploie en appellatif mon bijou.

Le bijou est en tous les cas toujours associé à une connotation de plaisir à contempler, voilà une définition qui réunit à peu près tout le monde.

Béatrice Brothier, gemmologue passionnée

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BAGUE JONC PERLE DE TAHITI, Perles de Tahiti, bijoux

les perles fines au XIXème siècle, trésor rare et naturel

Perle naturelle Keshi

Rarement présente dans une huître la Perle fine est le résultat du système de défense de la Nacre suite à l'intrusion d'un corps étranger, tel un petit caillou ou un morceau de coquillage, dans le bivalve. Le corps étranger rarement sphérique, les Perles fines ne sont qu'exceptionnellement rondes, plutôt de forme baroque (sans axe de symétrie) et les Perles blanches sont alors les seules prisées, devenant les plus rares et chères au monde. Généralement d'un diamètre de 9 mm, la Perle fine peut être vendue à des prix assez exceptionnels si elle est sphérique et d'un très bel orient (couleur qui émane de la Perle). Début du XXème siècle, elles se monnaient en moyenne 3000 francs pacifique, l'équivalent de 15 fois le salaire mensuel d'un ouvrier. Malheureusement les pêcheurs ne sachant pas estimer correctement la valeur des Perles pêchées, sont escroqués par les négociants qui les revendent bien plus chères sur les marchés américains et européens.

Aujourd'hui encore les Perles fines ont leurs amateurs. Paradoxalement les fermes perlières aussi produisent ces Perles naturelles lorsque le noyau d'aragonite inséré dans la gonade de la Nacre dans le but de former une Perle de culture de TAHITI est rejeté et que l'huître perlière enclenche malgré tout son mécanisme de défense en produisant de la Nacre.

POEMOTU vous propose une collection de ces bijoux de Perles naturelles appelées Keshi

Béatrice Brothier, gemmologue passionnée

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Hikueru, l'atoll où tout a commencé

L'Atoll de HIKUERU

Soucieux de trouver de nouveaux débouchés à la production nacrière destinée surtout à la boutonnerie, mais menacée par la concurrence du bouton en polyester, dès 1956 le Territoire de la Polynésie Française décide de financer, à hauteur de 10 millions de Fcfp, un essai de culture perlière dans l'Atoll de Hikueru. L'expérience débute en août 1961, sous la responsabilité de Jean-Marie Domard, arrivé sur le Territoire en 1957, recruté comme responsable du Service de l'agriculture de l'élevage et de la pêche. De formation vétérinaire, celui-ci expérimente le greffage, mais sans succès. Au terme de discussions difficiles il obtint qu'un greffeur japonais, Churoku Muroi, opérant dans une ferme perlière australienne, la Pearls Proprietary Ltd, dans l'île de Thursday, dans le Queensland, vienne, pendant ses congés, greffer quelques milliers de Nacres, malgré son scepticisme. Les japonais se référaient alors à l'expérience réalisée par Kokichi Mikimoto dans l'île d'Iskigaki où des pintadines, Pinctada Margaritifera acclimatées avaient produits entre 1926 et 1940, 104456 Perles de culture, mais toutes baroques (sans aucun axe de symétrie et non montables en bijouterie). L'expérience entreprise par Domard était capitale car le but était de conclure à la possibilité ou non de la culture sphérique chez la Pinctada Margaritifera Cumingii. En décembre 1963, toutes les pintadines opérées à Hikueru sont récoltées et sur les 276 Perles obtenues soit 33,5% de production (beaucoup de rejets ont lieu pendant la période post-greffe), 235 sont présentées à divers experts japonais, au bureau de la Nippon Pearls, à Tokyo, en mars 1964. Surpris par les couleurs et les qualités des Perles, les experts concluent que "les Perles de Tahiti paraissaient susceptibles d'être promues au rang des bijoux de grande classe". Les "faiseurs de Perles" devront cependant s'armer de beaucoup de patience et attendre encore près de 15 ans avant que la Perle noire ne soit appréciée à sa juste valeur et adoptée par la haute joaillerie.

Article sous la direction de Marcel le Pennec, Docteur d'état en Océanographie Biologique.

Béatrice Brothier, gemmologue passionnée

 

Perles de Tahiti, L'Atoll de HIKUERU

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